Un bon patron est un patron heureux et vous ?

Un patron heureux = des employés motivés = une boîte qui tourne

Il s’agit d’une équation finalement relativement simple : si le patron est heureux, les employés le sont également plus (et plus motivés), donc ils travaillent mieux et la santé économique de l’entreprise est au beau fixe. On peut donc déduire, par transitivité, que la santé économique de l’entreprise dépend directement de la santé mentale de son dirigeant.

Outre le fait qu’un patron heureux et peu ou pas stressé conserve un esprit clair et toute sa capacité à prendre des décisions pertinentes et adaptées, une étude américaine publiée dans le Journal of Business and Psychology de Springer a révélé que l’humeur du dirigeant avait un effet direct sur le moral des équipes, et sur leurs performances. De fait, l’étude fait apparaître que 25% des performances des salariés sont directement liés à leur bien-être, qui lui-même dépend de la qualité du dirigeant.

Plus qu’un simple discours sur le stress patronal et sur les risques psychosociaux, le bonheur patronal apparaît donc comme une exhortation, un indispensable à la réussite de l’entreprise.

Fuyez les cercles vicieux ; embrassez un cercle vertueux

Un patron malheureux est moins lucide, moins efficace, moins bon manager, plus fatigué, etc. De cet état de fait découlent des tensions avec les salariés, avec les partenaires, parfois avec les clients, et, par conséquent, une baisse des performances de l’entreprise… qui finit par accentuer le stress patronal. Et ainsi de suite. C’est un cercle vicieux tragique qui peut rapidement conduire à la défaillance de l’entreprise.

Seulement, on ne peut pas décider d’être heureux, comme par magie. En revanche, il est tout à fait possible de mettre en place un cercle vertueux. Celui-ci commence par un management adapté, moderne et respectueux. De fait, en optant pour un management empathique, un leadership compassionnel, on met en place des conditions de travail optimales pour les salariées qui sont dès lors plus motivés et impliqués dans la réussite de l’entreprise. En cas de baisse de moral de leur chef, ce sont eux-mêmes qui viendront à sa rescousse pour le redynamiser ; ils seront plus enclins à faire des sacrifices pour rétablir une situation qui permettra au patron de remonter la pente. Et il ne s’agit en aucun cas d’un beau discours ni d’un mythe : de nombreux patrons d'entreprise extrêmement profitables ont fait cette expérience et continuent de la vivre aujourd’hui !

Déléguer, s’aérer, se faire aider

Mais bien sûr il ne suffit pas de choyer ses employés pour se transformer en patron heureux, dynamique et motivé, prêt à encaisser tous les coups durs. Comme nous l’évoquions dans notre fiche sur le stress du dirigeant, Olivier Torres, professeur d’université spécialiste de la question, rappelle qu’une des premières causes de stress patronal, c’est la concentration des devoirs. Parce que le patron pense devoir tout gérer lui-même et être le seul à même de gérer, il s’impose une pression terrible que peu de personnes peuvent supporter indéfiniment. Il faut donc réussir à déléguer une partie de ce que l’on croit relever de ses prérogatives. C’est d’ailleurs le point de départ d’un management performant basé sur la confiance et la responsabilisation de ses collaborateurs.

De plus, cette délégation permet de se libérer du temps qui peut, et doit, être mis à profit pour s’aérer, se libérer l’esprit, prendre l’air, faire du sport, prendre quelques jours avec sa famille, etc. Car on a beau être patron on n’en est pas moins homme ou femme, et l’on a nécessairement besoin de se retrouver entouré des personnes que l’on aime, pour reprendre des forces.

Enfin, il peut être pertinent de se faire accompagner : pourquoi pas d’un point de vue personnel par un thérapeute qui pourra aider à prendre du recul et à se décharger d’un poids trop lourd. Mais aussi et surtout par un conseiller, extérieur à l’entreprise, qui, en apportant un regard neuf, décomplexé et détaché, pourra permettre de retrouver un regard objectif sur la situation et de déployer des ressources qui permettront d’améliorer la situation, et donc le moral du patron.

Extrait du site : petite-entreprise.net

philippe Zinser

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